Devriez-vous enseigner le partage à vos enfants?
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«Tu dois partager.»

«Chacun son tour.»

«Bravo d’avoir partager!»

Voici quelques-unes des phrases les plus populaires et omniprésentes dans un groupe de parents avec des enfants – au même niveau que «utilises de mots» et «beau travail». Au terrain de jeu, dans le bac à sable, ou quand les amis viennent jouer à la maison, le partage est l’une des plus grandes préoccupations chez les parents. Et avec raison. C’est tellement agréable de voir ses enfants partager. Je deviens toute émue quand mon garçon de 3 ans tend sa petite auto rouge à son ami qui la convoitait depuis un instant déjà. Nous voulons tous que nos enfants soient polis et socialement dégourdis – le genre d’enfant qui joue bien avec les autres, qui comprend les compromis, qui fait preuve d’empathie et est doux.

Mais encore, je n’ai jamais dis ces mots à mes enfants. Si vous avez un enfant, vous avez probablement déjà constaté cela : quand ils sont vraiment concentrés sur un jouet – que ce soit le petit camion qui ramasse du sable ou qu’une simple cuillère en bois – ce jouet est, pendant cet instant, leur monde entier. Jouer est ce que les enfant ont comme job : peu importe l’objet qui retient leur attention, ils y seront captivé et la découverte de cet objet devient leur petit travail du moment.

En des termes adultes, c’est exactement comme quand je m’assois avec mon café du matin et que je plonge dans un roman – le reste du monde n’existe plus et toute mon attention est dans le livre. Demander à un enfant de partager ce dont il est en train de découvrir (surtout s’il est vraiment captivé par l’objet) serait un peu comme me dire en plein milieu de mon roman : «Bon, tu peux lire ton roman pour les cinq prochaines minutes, ensuite tu le passes à Tommy pour qu’il puisse le lire pour les cinq minutes suivantes». Je ferais probablement ce qu’il m’est demandé de faire, mais je me sentirais confuse, et sûrement un peu fâchée d’avoir été interrompu en plein dans ma lecture.

En fait, certaines raisons nous laissent croire que les enfants développent un sentiment d’appartenance plus naturellement et rapidement que les adultes pour les objets, ce qui peut expliquer la crise monumentale lorsqu’on enlève un jouet à un enfant. Ils ne cherchent pas à être manipulateurs ou têtus (ok, parfois oui) – mais partager leurs jouets consiste en un défi de taille vu le fonctionnement particulier de leurs cerveaux.

L’une des raisons pourquoi le cerveau de votre enfant ne comprend pas la conception adulte du partage est qu’il est encore très difficile pour lui de se mettre dans les souliers de l’autre, ce qui est la clé de l’empathie – l’une des compétences cognitives humaines les plus complexes et sophistiquées. Cela peut prendre toute l’enfance et même quelques années d’adolescence pour maitriser ce concept.

Donc à la place de toujours répéter de partager, j’ai décidé de concentrer mon énergie à faire travailler l’empathie de mes enfants en les aidant à prendre conscience de leurs sentiments et l’impact de leurs gestes sur les sentiments des autres.

Ne me méprenez pas, ce n’est pas noir ou blanc. Si des amis viennent jouer à la maison, les jouets doivent être partagés. Il y a aussi beaucoup de comportements sociaux que j’ai appris à mes enfants et je m’attends à ce qu’ils les suivent comme dire merci ou demander quelque chose avec une question à la place d’avec un ordre. Mais quand il en vient au partage, je préfère l’idée de bâtir une bonne base de ce qu’est l’empathie à la place d’imposer le partage sans que mes enfants comprennent pourquoi. Je crois que ces compétences émotionnelles leur serviront ensuite tout au long de leurs vies.

Qu’en pensez-vous ?

Xoxo Melany

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